Date de sortie : Novembre 2007
Une bien joli documentaire que voilà. Il est consacré à l’accouchement, à travers différentes cultures de par le monde. Ce premier cri est celui de l’enfant qui naît, bien entendu.
Le film suit le parcours de plusieurs femmes. Une Touareg, une Masaï, une indienne d’Amazonie, une américaine, une japonaise, une française, une sibérienne, des vietnamiennes, des
mexicaines…Comment accouchent elles, dans quelles conditions. Comment cela se vit-il dans leur culture.
Pour tout dire, ce film me déçoit un peu dans le sens où il est une succession de vignettes, d’histoires, certes jolies, mais qui manquent d’un lien commun. C'est-à-dire qu’il n’est pas
suffisant que ce ne soient que des accouchements. Chaque « scène » s’accompagne de commentaires censés être dis par la femme concernée. Mais il manque à ce film, un commentaire
général, une ligne à défendre par le réalisateur et son scénariste. Quel a été le but de Gilles de Maistre, quel message veut-il transmettre ? La chose n’est pas évidente, et est un vrai
manque.
Par contre, en regardant ce film, on découvre une chose, c’est que le père est souvent peu présent dans ce moment là. C’est particulièrement vrai pour certaines cultures d’Afrique, où ce sont
les femmes qui s’occupent de cela. Mais on sent que le réalisateur n’a pas trop souhaité s’attarder non plus sur eux. Le sujet principal, ce sont les femmes, et si les hommes parviennent à
grappiller l’attention, tant mieux pour eux.
Que l’absence soit un fait culturel, il n’y a pas grand-chose à y redire. Mais a quel point la caméra les ignore-t-il ?
On parvient à tirer tout de même une autre leçon. Les femmes des pays riches ont tendance à vouloir retourner vers un accouchement dit « libre », sans les abus de la médecine
occidentale, celui d’un âge d’or de la femme. Par contre, les femmes qui, elles, accouchent à même le sol, perdent leur enfant parce qu’il vient par le siège et qu’ils n’ont pas de sage-femme.
Celles-là, elles, donneraient sans doute beaucoup pour avoir accès au luxe d’un accouchement d’où les plus grands risques sont écartés.
Je terminerai par un élément plus polémique. Je tâcherai, de temps en temps, de terminer ces critiques avec un petit coup de gueule.
Là, elle concernera un couple d’américain présenté dans le film. Ils vivent au fond du Maine, dans une maison avec d’autres gens. Une « communauté » comme ils disent. Un revival
hippie en fait. L’hôpital enlève l’humanité de ceux qui s’y rendent, et même l’acte ancestral de la mise au monde d’un enfant. Ainsi donc, elle décide d’accoucher toute seule, chez elle, avec
sa « communauté ».
Déjà, ils passent leur temps à la regarder nue, à la peindre, la dessiner. Puis, l’accouchement a lieu devant tout le monde. Monsieur est nu lui aussi. Pour être honnête, là, je me suis demandé
s’ils couchaient tous ensemble aussi.
C’était une vision ridicule, caricaturale. Résultat des courses, grosse frayeur, le placenta n’étant pas expulsé. Attente de plus de trois heures, quand les médecins ne dépassent pas les
trente minutes pour aller le chercher à la main. Bref, si elle était morte dans sa bêtise, cela m’aurait bien fait rire.