
Titre : Iron Man
Réalisateur : Jon Favreau
Acteurs : Robert Downey Jr, Gwyneth Paltrow, Terrence Howard, Jeff Bridges….
Scénariste: Arthur Marcum, Matt Holloway, Mark Fergus, Hawk Otsby
Producteur: Avi Arad, Kevin Feige
D’après les personnages créés par Stan Lee, Don Heck, Larry Lieber, Jack Kirby
Cela ne se voit pas beaucoup sur ce blog cinema, mais je suis un vrai fan de comics books américains. Et plus particulièrement ceux de Marvel, à savoir Spider-Man, X-Men, Daredevil, Blade, pour ceux sortis au cinéma. J’attendais donc la sortie d’Iron Man avec une grande attention. En dehors de la bande-annonce, j’avais volontairement évité de regarder des images du film, pour tout découvrir pendant le film. Juste, je me suis fait spoilé la face concernant la scène APRES la générique, mais comme je ne l’aurai pas vu sinon, tant mieux.
Encore un film de super-héros, me direz vous. Oui, mais avec une particularité qui peut sembler mineure, mais qui a son importance : le studio qui produit le film… C’est Marvel Studio. Pour la première fois, l’éditeur de comics a pris en main l’adaptation cinéma de l’un de ses personnages. Ce sont les mêmes qui ont pris les décisions, que ceux qui veillent à la bonne marche du comic book Iron Man. Et ce n’est pas rien. Auparavant, les studios achetaient les droits d’un personnage, au besoin l’adaptait largement, pour faire un produit qu’ils estimaient convenir au plus grand nombre. Avec Iron Man, c’est autre chose. C’est un film sur Tony Stark, alias Iron Man, qui a pour but de rester fidèle à ce que peut être le personnage pour les lecteurs de comic books.
Lourde tâche, me diront ceux qui connaissent un peu le monde des comics. Comment établir une unité, alors que de décennie en décennie, le personnage ne se ressemble pas ? La réponse est simple. En tirant parti des œuvres qui l’ont modernisé, et en ont fait quelque chose de crédible. Ainsi donc, on peut trouver trois inspirations, Demon in the Bottle, une saga qui ressort en ce moment en librairie, Extremis, de Warren Ellis et Adi Granov (dessinateur chargé du design de l’armure dans le film), et enfin, Ultimates, de Mark Millar et Bryan Hitch. A l’aide de ces trois fils conducteurs, les scénaristes tentent de réaliser une synthèse qui soit la plus juste possible, mais la plus crédible aussi. Et pour donner franchement mon avis, ils y sont parvenus.
Tony Stark est un milliardaire, fabricant d’armes, convaincu de la nécessité de produire les moyens de défense de l’Amérique moderne. Mais quand le milliardaire, en visite sur le terrain en Afghanistan (le Viet Nam à l’origine, mais soyons moderne), est victime de ses propres armes, il trouve la chose beaucoup moins satisfaisante. Pour se libérer de ses ravisseurs, il devra confectionner une petite machine qui évite à son cœur de se retrouver lardé de shrapnells, et dans le même temps, construire une armure pour mettre autour et parvenir à se libérer. Le retour à la civilisation verra un Tony bien changé, ce qui ne sera pas au goût de tout le monde.
Le professeur Yin-sen, Jim Rhodes, Pepper Potts, Happy Hogan, Obadiah Stane, autant de personnages secondaires importants qui trouvent leur place dans le casting. Pour ma part, j’y trouve aussi le futur Mandarin, un ennemi d’Iron Man dans le comics. Autre détail qui tue, la présence d’une petite agence de « sécurité » indépendante siglée… SHIELD… L’agence d’espionnage du Marvelverse. Jarvis est là aussi, d’une certaine façon, je vous laisse découvrir.
Pleins de petites touches donc, qui regroupent finalement tout ce qu’on a pu aimer de la série depuis des années. Dans le style, l’influence Ultimates est criante, notamment pour enfiler l’armure. Qui peut en effet croire, comme dans les années 70/80/90, que l’armure pouvait tenir dans un attaché-case ? Non, il faut du matos pour l’installer sur le corps de Tony. Ultimates fût la première série à le concevoir ainsi, et c’est une bonne chose. Il y a un autre élément inspiré de la série Ultimates, mais je ne vous dirais pas lequel. C’est la scène qui vient après le générique, et pour être franc, c’est une scène bandulatoire qui nous a fait crier de joie, mes amis et moi (tous fans du comics). Donc chut, regardez là, et enjoy.
Y-a-t-il des choses à jeter dans ce film ? Finalement, pour un fan de comics, assez peu. Robert Downey Jr est un Tony Stark criant de vérité, tous les rôles sont joués avec justesse, les armures sont formidables, il y a de l’action, et pourtant on se focalise bien sur le personnage de Tony. Pour chipoter, car j’aime ça, moi, chipoter, je vois une scène pas cohérente. Lorsque Tony est prisonnier des afghans, qu’il doit leur bricoler un missile, et qu’il fabrique une armure, le tout sous l’œil de caméras de surveillance, c’est pas crédibles. Un missile et une armure, ce n’est pas la même chose. Une simple surveillance par des gardes, sans caméras, aurait éventuellement pu théoriser la chose, mais bon… Voilà, c’était juste pour pinailler un peu.
Vraiment, merci à Marvel d’avoir voulu s’impliquer complètement dans ce film. Pour les fans de comics, c’est une véritable réussite, et l’annonce de la presque-sûre suite nous laisse présager du meilleur. Le mandarin, War Machine, « CENSURE », autant de pistes plus qu’intéressantes semées ci et là.
Ah, et pour les non-lecteurs de comics, je ne sais pas ce que vous trouverez. En même temps, je m’en fous, je prends mon plaisir de fan-boy.