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Film indépendant américain

Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /2008 18:41



Titre : Primary Colors

Réalisateur : Mike Nichols

Acteurs : John Travolta, Emma Thompson, Kathy Bates, Billy Bob Thornton, Adrian Lester, Maura Tierney, Larry Hagman...

Scénariste : Elaine May

Producteur : Mike Nichols

Basé sur une nouvelle anonyme.



J'ai profité d'une pile de linge à repasser pour regarder à nouveau un film que j'aime beaucoup, Primary Colors.

Il est largement inspiré de l'ancien Président des Etats-Unis, Bill Clinton, et nous montre donc la conduite de la campagne aux primaires d'un gouverneur démocrate du sud du pays, pour devenir Président des Etats-Unis. Bill Clinton, gouverneur de l'Arkansas, cheveux blancs, femme jeune et dynamique, affaires de mœurs dans les placards, voici tout ce qui nous fait penser à lui dans le Gouverneur Jack Stanton, qui reprend tous ces points. Un personnage très ambigu, à la fois politicien menteur, et faisant preuve d'une étonnante sincérité, gros con et pourtant à l'écoute des problèmes des gens.


Nous assistons à sa campagne par l'entremise de son directeur, un jeune noir petit-fils d'un célèbre acteur du mouvement des droits civiques, à la recherche d'une bonne cause à défendre. On le sent douter, puis s'enthousiasmer pour cet homme qu'il sent comme pouvant être le bon. On le voit aussi refusant de vendre ses principes, et pourtant faisant preuve d'une grande loyauté.


C'est un film tout en nuance, sur la conquête du pouvoir. On fait des parallèles incessants avec Bill ou Hillary, quand les situations prennent un air de déjà vu. On imagine comment le couple aurait pu gérer cela dans l'ombre de la campagne.

Et puis on assiste à la construction des coups bas, aux enquêtes de moralité sur l'adversaire, aux enjeux des élections dans les différents Etats, bref, toute la tenue d'une primaire. Certes, avec les primaires entre Obama et Clinton, nous connaissons mieux cet univers, mais Primary Colors permet véritablement de le comprendre.


La force de ce film, outre son scénario intéressant, ce sont ses acteurs. John Travolta est un parfait salopard de politicien, Emma Thompson joue les femmes trompées avec merveille, et Adrian Lester est vraiment attachant. Tout le casting est à l'unisson. En adéquation avec les rôles, et attribués à des acteurs de talent.

Par yaneck Chareyre - Publié dans : Film indépendant américain - Communauté : Ciné DVD
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Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /2008 21:00



Titre : Little Miss Sunshine

Réalisateurs : Jonathan Dayton, Valerie Fari

Acteurs : Greg Kinnear, Toni Collette, Steve Carell, Abigail Breslin, Alan Arkin, Paul Dano...

Scénariste : Michael Arndt

Producteurs : Albert Berger, David T. Friendly, Peter Saraf, Marc Turtletaub, Ron Yerxa

 

 

Il y a parfois des films qui nous viennent des Etats-Unis, pour nous montrer quelque chose de différent des clichés habituels. Certains pourront me faire noter que des films qui correspondent à cette description, il y a de quoi en faire tout un festival, le festival de Sundance, lancé par Robert Redford, si je ne me trompe pas.

 

Little Miss Sunshine est de ces films. Un film qui prend plaisir à nous dépeindre une Amérique authentique, loin des clichés patriotiques nauséabonds, ou de ses travers les plus sombres. Ce film, c’est un road movie. Oui, tout à fait. Un road movie qui suit une famille qui se rend à un concours national de mini-miss, dans sa traversée d’un bon tiers du pays.

Une famille, où chaque membre est un délicieux portrait en lui-même. Grand-père est un vieux chiant qui s’incruste chez son fils, et a décidé de se mettre à l’héroïne sur ses vieux jours. Papa est désespérément à la recherche d’un éditeur pour sa méthode de réussite. Maman est moderne, à l’écoute de ses enfants, désireuses de les accompagner d’une pédagogie responsabilisante. Tonton est un professeur de lettre, gay, trompé, plaqué, viré de son boulot, et qui vient d’essayer de se suicider. Grand frère veut être pilote de chasse, et a décidé de ne plus ouvrir la bouche jusqu’à être parvenu à cet objectif. Enfin, la postulante mini-miss est nature, ne se laisse pas faire. Tous ensembles réunis dans un mini-bus, c’est une pure merveille de scènes jouissives et de répliques délicieuses. Tout cela ne demande qu’à s’écrouler en permanence, sous les coups de boutoir de la vie qui a décidé de ne rien leur épargner. Imaginez les, lorsque le mini-bus casse son embrayage, à les voir le pousser, pour passer en 3eme vitesse, et ainsi rouler quand même.

 

Ils vont mijoter, tous ensemble, changer au contact des autres, et je vous laisse découvrir tous ces petits évènements.

Le but, c’est la Californie, et le concours de Little Miss Sunshine. Un concours national, d’importance (oui, dans ce milieu). Cela ne dure pas longtemps, et c’est dire si cet objectif n’est qu’un prétexte pour tirer le portrait de cette famille. Mais en l’espace de quelques minutes, le réalisateur ne se prive pas de distribuer les baffes à ses contemporains.

Cela fait peur, un concours de mini-miss. Une dizaine de mini-poufs, singeant les adultes, et maquillées comme des voitures volées. Aucune once de naturel ou de spontanéité (a, c’est pareil chez les adultes ?). Juste des enfances perdues, pour voir un tas de mères frustrées, éprouver un peu de fierté dans leur vie par procuration. Les portraits que le réalisateur fait des parents de ces enfants, discrètement, en faisant mine de rien, sont accablants. Des femmes grosses, moches, refaites, bref, des femmes malheureuses et égoïstes, qui privent de leur enfance des bouts de choux qui ne demandent qu’à faire plaisir à leurs parents.

 

Finalement, je me sens proche de la mère d’Olive, dans ce film. De sa façon de voir l’éducation, le rapport à l’enfant. Lui permettre de s’épanouir, lui donner un cadre tout en lui permettant de prendre ses premières décisions.

Une idée que je vais continuer de faire mûrir en moi, le temps qu’une petite Olive, ou sa version masculine, arrive.

Par yaneck Chareyre - Publié dans : Film indépendant américain - Communauté : Ciné DVD
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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /2008 21:07

 

Titre : Dogma

Réalisateur : Kevin Smith

Acteurs : Kevin Smith, Linda Fiorentino, Jason Meyes, Matt Damon, Ben Affleck, Salma Hayeck, Alanis Morisset, Alan Rickman, Chris Rock, Jason Lee, Georges Carlin…

Scénariste: Kevin Smith

Producteur: View Askew

 

 

 

J’ai donc regardé avec ma femme l’un de mes films culte. Lorsque j’ai découvert ce film de Kevin Smith, grâce au fait qu’il était devenu scénariste de Comic Books, j’ai immédiatement accroché. L’idée générale est simple. Mettre de grandes baffes aux religions du Livre, en reprenant toutes leurs grandes idées, et en les tordant avec du politiquement pas correct.

 

Ainsi donc, Jésus était noir. Dieu est une femme. Les nouveaux prophètes sont deux obsédés sexuels fumeurs de schitt. Il existait un treizième apôtre noir, exclu de la bible… Autant dire que tout ce qui peut faire chier l’institution Eglise est dans ce film.

Le problème, dans tout cela, c’est que deux anges virés du Paradis vont pouvoir y revenir blancs comme neige à cause d’un dogme catholique, les indulgences plénières. Sauf que ces anges remettent en cause un édit divin, et comme Dieu est par essence infaillible, ça va faire buguer la création, et un gigantesque reset global va avoir lieu.

Et Dieu dans tout ça, me direz vous ? Il est aux abonnés absent, parti en ballade sans laisser d’adresse, alors le Paradis fait appel à la dernière descendant de Jésus pour sauver la mise. Ah oui, parce que vous pensiez que Marie et Joseph ne couchaient jamais ensemble, et que Jésus n’avait pas de frères ? Ben si… Donc la descendante de Jésus, les deux prophètes, le treizième apôtre, et une muse sans inspiration se retrouvent à courser deux anges bannis sur terre.

 

Pour l’anti-clérical que je suis, ce film est un bonheur. Il décrit une Eglise catholique pourrie, complètement à côté de ses pompes, et professant de belles erreurs de manière autoritaire.

Certes, pour l’agnostique que je suis, ce film ne remet pas en cause l’existence de Dieu, il faut bien le reconnaître. Mais en tant que passionné d’héroïc-Fantasy, de Science Fiction, dès qu’il s’agit de théoriser l’existence d’un Dieu, pour en faire une bonne histoire, j’accroche. Ce n’est pas la vraie vie, et ça n’a pas vocation à l’être.

Non, je ne suis pas en contradiction avec moi-même, vous voyez bien…

 

De toute façon, Kevin Smith est un Dieu, et Jay et Silent Bob sont ses prophètes…. On n’est pas dans la merde…

Par yaneck Chareyre - Publié dans : Film indépendant américain - Communauté : Ciné DVD
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /2008 12:29
Juno.jpg

Titre : Juno

Réalisateur : Jason Reitman

Acteurs : Ellen Page, Michael Cera, Jennifer Garner, Jason Bateman, Allison Janney, JK Simmons, etc…

Producteurs : Mason Novick, Lianne Halfon, Russell Smith, John Malkovitch

Scénariste : Diablo Cody

Genre : Comédie

 

 

Juno, un petit film qui ne paye pas de mine, mais qui se révèle vraiment sympa à regarder. Oui, je sais, pas terrible comme accroche, et vous pourrez me dire assez commune. Il est vrai qu’il y a un certain élan commun autour de ce film, mais à mon sens, un élan légitime.

Est-ce que Juno est le chef d’œuvre du moment ? Non, peut-être pas. Mais en tous cas, c’est un film bien fait, réussit. Un film américain, sur l’Amérique, qui parvient à n’être à aucun moment archétypal. Un tel effort, ça mérite d’être souligné.

 

L’Amérique qui y est présentée en toile de fond est loin de tout cliché. Une petite ville banale, quelque part dans le pays. Pas de drapeaux américains aux fenêtres, le patriotisme puant n’a pas droit de cité. Dans cette ville, un lycée classique. Les pom-pom girls sont le seul « cliché » potentiel, mais ne s’en révèle pas un, car jamais utilisé dans le sens habituel.

 

Les personnages sont eux aussi éloignés de tout clichés. Une ado bien dans sa tête mais pas dans le moule, un ado sportif et timide, un père qui répond présent, une belle-mère qui a oublié de regarder Cendrillon, etc, etc…

 

L’histoire, elle non plus, n’est pas un cliché. Juno découvre qu’elle est enceinte, après son premier acte sexuel. Si elle décide de ne pas avorter, elle a la lucidité de voir qu’elle ne peut pas être une bonne mère, et fait le choix de donner son bébé à de biens meilleurs parents. Elle trouve le couple modèle, rêvé, riche, jeune, beau, dynamique, à qui elle va donc proposer son enfant. Juno apparaît pour eux comme un don du ciel.

 

On pourrait s’attendre à beaucoup de choses avec un début pareil, mais je le redis, les clichés n’ont pas lieu d’être. Tout le long du film, on imagine que Juno va craquer, qu’elle aussi va découvrir les joies de la maternité, pendant qu’elle sent en elle pousser son bout d’chou. Non, Juno n’est pas de ces films à la bonne moralité religieuse. Juno a 16 ans, c’est une ado, et elle n’est vraiment pas prête à être mère, comme toutes les filles de son âge qui se retrouvent dans la même situation. Mais Juno n’a pas la pression de la morale religieuse sur le dos, et le propos du film n’est pas d’être de bonne moralité.

Etre ado et enceinte, c’est supporter beaucoup de choses, les regards des autres, et la solitude. Une solitude que Juno choisit plutôt, rejetant le « père » biologique, refusant d’installer une relation qu’elle ne pensait pas avoir. Jusqu’à ce qu’elle comprenne, qu’en fait, si elle l’a mis dans son lit, c’était peut-être bien parce qu’elle en était amoureuse.

Juno laissera partir le bébé, sans l’avoir vu, pour ne pas s’y attacher, et elle reprendra une vie normale d’adolescente. Parce qu’à 16 ans, on a autre chose à penser que d’être mère, autre chose à vivre. Il faut laisser le temps à l’adolescent de vivre les expériences de son âge.

 

Ce film repose sur deux choses : un casting juste, et des dialogues très drôles.

Les personnages sont toujours bien choisis. On appréciera tour à tour la meilleure amie pom-pom girl séductrice de profs, le père (joué par JK Simmons, alias Jonah Jameson dansSpider-Man) divorcé présent pour sa fille quand elle a besoin de lui, sans jugement, la belle-mère qui vit là depuis dix ans, et qui peu à peu, fait en sorte de se rapprocher de Juno pour l’accompagner elle aussi dans l’épreuve. Dans la catégorie couple idéal, Jennifer Garner et Jason Bateman sont très bons. Elle, complètement maniaque et terrifiée par une maternité qu’elle rêve et qu’elle ne parvient pas à trouver, lui en trentenaire désabusé.

 

D’ailleurs, le cas de ce couple m’inspire particulièrement, au-delà du film.

Marc, le mari, voit ses passions cantonnées dans une toute petite pièce par sa femme qui ne tolère pas que des choses aussi puériles puissent déborder dans le cadre de leur vie commune bien propre et bien rangée. Dans le film, Marc prend conscience du caractère insupportable de la chose. Juno y aide un peu. Et je crois que nous avons là une vérité sur les relations de couple.

Un couple ne peut pas se construire sainement, s’il est basé sur le fait de nier un pan de la personnalité de l’autre. Vanessa n’accepte aucune concession, refuse que l’univers de son mari entre dans le sien, et c’est ainsi qu’elle le perd.

L’amour, c’est accepté et comprendre l’autre, dans tout ce qu’il est, dans sa diversité. Si on n'est pas prêt à cela, un couple ne peut pas fonctionner harmonieusement.

Par yaneck Chareyre - Publié dans : Film indépendant américain - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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