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Cinéma Français

Mercredi 19 août 2009


Titre: Neuilly sa mère!
Réalisateur: Gabriel Julien-Laferrière
Acteurs: Samy Seghir, Jérémy Denisty, Rachida Brakni, Denis Podalydes, Joséphine Japy, Mathieu Spinosi, Chloé Coulloud, Farida Khelfa...
Scénaristes:Philippe de Chauveron, Marc de Chauveron (sur une idée de Djamel Ben Salah)
Producteurs:
Djamel Ben Salah, Isaac Sharry


Attention, film politique. Pas un film politisé, avec un message à caractère. Non, non, nous avons là un film complètement politique, anti-sarkozyste, de gauche. C'est tellement inhabituel que ça a même créé en moi un petit malaise.
Sammy est un jeune ado de banlieue, à Chalon sur Saone. Sa mère, qui l'élève seule depuis la mort de son père, doit partir travailler sur un bateau, et le laisse donc à sa soeur à elle, qu'ils n'avaient pas revue depuis des années, afin qu'il puisse continuer sa scolarité.
Sauf que la tante et sa petite famille habitent à Neuilly, et qu'ils ont tous les signes extérieurs et intérieurs de richesse. Chocs et clashs en perspective.

Film, donc, anti-sarkozyste, et ça fait du bien. De bout en bout, les allusions, négatives, à l'ancien maire de Neuilly se glissent pour nous faire marrer. Souvent, à travers Charles, l'enfant du même âge que Sammy, et désireux de marcher sur les traces du petit homme politique. Il faut le voir débarquer de son jogging avec son i-pod et ses grosses lunettes de soleil, et la comparaison est immédiate. Cela procure de franches rigolades.
Mais surtout, c'est un portrait à l'acide qui est fait de la bourgeoisie française. aucun personnage n'en réchappe réellement. Ils sont tous à jeter (avec un petit bémol pour Stanislas et Djamilah). Même à la fin du film, ils ne seront pas sauvés. Pari très osé du réalisateur que de ne rendre que très moyennement sympathique ses personnages. Les enfants sont tous puants, en dehors de Sammy et Marie.
Et donc, ça fait bizarre de voir un film aussi politique, aussi engagé et partisan. Il est extrêmement rare que de telles choses se fassent. En même temps, taper sur ceux qui donnent l'argent pour faire les films, c'est pas un argument très convaincant pour trouver des sous. Je le redis, c'est donc un pari très osé, surtout quand certains hommes politiques supposément de gauche ont crié partout en Juin que l'anti-sarkozysme ne payait pas. Et apparemment, le film fait tranquillement ses entrées, bravo à lui.

Malheureusement, le réalisateur n'est pas exempt de reproches à caractère cinématographique.
Le premier, c'est qu'il laisse de nombreuses pistes du scénario non-explorées. Je pense à la "lutte" entre Stanislas et son ex-femme, je pense à l'arrivée des copains de Sammy à Neuilly, entre autre. On sent qu'il manque des réponses. Alors la question, c'est pourquoi? Le réalisateur a-t-il craint de monter sa comédie à deux heures? Ou bien le montage a-t-il été réalisé en catastrophe? On ne sait pas, mais en tout cas, c'est un défaut très notable.
Le second défaut, c'est la non-crédibilité de la relation Sammy-Marie, qui se noue très rapidement, avec très peu de temps à l'image. Si le réalisateur a voulu faire usage d'ellipses, elles sont ratées. Et encore une fois, ça pose la question du montage, de la durée.

Et c'est dommage, car de ce point de vue là, ce film n'est pas réussi, alors qu'il porte un ton très provocateur, très novateur, qu'il serait extrêmement important de retrouver. Et pas que au cinéma. Amis journalistes, si vous nous lisez...

PS: Je n'avais pas où le caser, mais il y a de nombreux seconds rôles dans ce film, de nombreuses guest-stars absolument toutes savoureuses, notament Eric (de Eric et Ramzy), en ange fan de zizou...
Par yaneck Chareyre
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Dimanche 31 mai 2009



Titre: Looking for Eric
Réalisateur: Ken Loach
Acteurs: Steve Evets, Eric Cantona, Stephanie Bishop, John Henshaw, Gerard Kearns, Stefan Gumbs, Lucy-Jo Hudson....
Scénariste: Paul Laverty
Producteur: Rebecca O'Brien


J'ai été surpris par ce film. Je m'attendais, après avoir suivi vaguement la promo pendant le festival de Canne, à un film sur la personne de Cantona, et son image dans le milieu des supporters mancuniens. Et bien c'est loin d'être seulement ça. Vraiment loin, et c'est tant mieux.
Eric est un looser, d'un certain point de vue. La cinquantaine, n'a jamais reparlé à la mère de sa première fille après l'avoir abandonnée, petit postier, avec deux beaux-fils ingérables...  Mais un jour, il va se trouver un coach personnel assez spécial. Son idole de toujours, Eric Cantonna.
Mais la surprise, pour moi, c'est que ce Eric Cantona n'est pas le vrai. C'est un personnage imaginaire, qu'Eric le postier se construit pour l'aider à aller de l'avant. Et de ce fait, le Cantona du film est un poil la caricature du vrai, adepte des aphorismes à deux francs. Un modèle, forgé sur le stade de Manchester United, positif et motivant.
Au delà, c'est une description assez intéressante de l'Angleterre et des anglais "de base" qui est faite par Ken Loach. J'apprécie beaucoup les réflexions qu'il porte sur les rapports père-enfant. Que ce soit d'Eric avec son père, ou Eric en tant que père, Ken Loach a une vision qui me semble assez juste. La pression mène souvent à l'échec, et c'est en fuyant qu'on se rapproche le plus de ce que l'on veut fuir.
De manière générale, Ken Loach veut nous amener à beaucoup plus parler, dans ce film. Le dialogue dans le couple, le dialogue entre le père et ses enfants, entre les amis. Des valeurs qui me parlent énormément.

Je termine sur la petite "enquête", et ses séquences d'actions. Elle permet de mettre en avant la communauté des supporters de foot pour autre chose que la viande soule et le hooliganisme. C'est une bonen chose, un vent de renouveau assez frais.

Il y aurait sans doute beaucoup de choses à dire sur ce film. Que ceux qui y voient un film plat et sans relief prennent le temps de réfléchir à ce que j'ai pu écrire. En faisant mine de ne pas y toucher, de rester dans le futile, Ken Loach s'exprime beaucoup. Il faut l'écouter.
Par yaneck Chareyre
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Dimanche 3 mai 2009


Titre: Le bonheur est dans le pré
Réalisateur: Etienne Chatiliez
Acteurs: Michel Serrault, Eddy Mitchell, Sabine Azema, Carmen Maura, François Morel, Eric Cantona, Joel Cantona, Daniel Russo...
Scénariste:  Florence Quentin
Producteur: Charles Gassot


J'avais déjà vu ce film, mais aujourd'hui, je lui trouve une qualité de plus, celle de faire l'apologie des régions du sud face à la Franche Comté. Et oui, c'est horrible la Franche Comté. Bien normal que le personnage joué par Serraut veuille en partir.
Etonnemment, j'aime ce film. Les persos y sont beaufs, les femmes insupportables, la picole et le machisme des arts de vivre. Tout ce que je déteste. Et pourtant, ce film est tout simplement énorme. Immoral, mais énorme.
Les acteurs y sont pour beaucoup. Tous livrent une composition du tonnerre, et Eddy Mitchell en tête. Il a un rôle tout simplement grandiose, et des répliques parfaitement savoureuses. La façon qu'il a de dégrossir la bourgeoise, j'adore.

Je ne sais pas trop quoi dire sur ce film. J'ai du mal, ce soir, à expliquer, à mettre des mots sur mes ressentis.
Peut-être parce que d'une certaine façon, c'est une ode au bien-vivre. à une certaine douceur de vie, un idéal campagnard. Peut-être l'une des rares choses que jai apprécié dans ma jeunesse campagnarde. Et ce soir, je le garde pour moi, je le partage pas avec vous na!
De toute façon, ce film est tout simplement génial, je ne vous l'avais pas dit?
Par yaneck Chareyre
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Mardi 3 mars 2009


Titre: Tatie Danielle
Réalisateur: Etienne Chatiliez
Acteurs: Tsilla Chelton, Catherine Jacob, Eric Prat, Laurence Fevrier, Isabelle Nanty...
Scénaristes: Etienne Chatiliez, Florence Quentin
Producteur: Charles Gassot


Grand classique, ce soir, sur France 3, avec Tatie Danielle. Odieuse petite vieille, qui a décidé de s'en prendre à tous ceux autour d'elle. Tous coupables de quelque choses. Son petit neveu, faible, sa femme, trop gentille, sa soeur à lui, trop sotte et pas mariée à 45 ans, le grand gamin homosexuel... A tous, elle leur fera les pires misères. Jusqu'à ce que la petite famille ne parte trois semaines en vacance, et ne la confie à une jeune femme habituée à garder lesp etits vieux. Une étrange relation va se nouer entre ces deux femmes.

Voilà un film relativement satisfaisant. Car après toute une série de crasses, de misères, de coups pendables, elle va faire face à une femme qui n'est pas comme les membres de sa famille, et n'hésitera pas à lui rendre la monnaie de sa pièce. Tu veux pas te lever? Ben dors, il est où le problème? Tu veux pas manger? Tu mangeras mieux ce soir. Impossible de le faire chier, le personnage d'Isabelle Nanty, ou presque. Très jouissif donc, de voir la vieille chieuse se faire remballer.
Mon reproche ira à la fin du film, que je n'aime pas vraiment. La vieille va loin dans les ennuis qu'elle crée, et elle s'en sort très très bien. Ce n'est pas juste, et comme toute injustice, j'aime pas. C'est mon truc à moi quoi.

Impossible de rater ce film, qui reste avant tout un excellent moment de divertissement, et un portrait acide de la vieillesse et de ses travers.
Par yaneck Chareyre
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Dimanche 22 février 2009


Titre: Les enfants du marais
Réalisateur: Jean Becker
Acteurs: Jacques Gamblin, Jacques Villeret, Michel Serrault, André Dussollier, Isabelle Carré, Eric Cantona, Suzanne Flon...
Scénariste: Sébastien Japrisot
Producteur: Christian Fechner
D'après l'oeuvre de Georges Montforez



Douce ballade, doux moment passé dans le marais, en compagnie de cette splendide distribution.
Dans les années 20, nous suivons les habitants d'un marais. Garis et Riton, deux travailleurs, qui y vivent avec la petite famille du Riton, pochtron et fainéant de première. Leur ami Amédé, bourgeois littéraire qui s'émerveille de toute chose. Et puis Pépé la Grenouille, qui a quitté le marais et fait fortune. Une belle galerie de portraits, souvent tout en douceur. A part pour Eric Cantonna qui joue un boxeur colérique assez mémorable.

J'aime ce film. Je suis assez rarement dans la nostalgie du "c'était mieux avant, à la campagne", mais je dois bien dire que Jean Becker nous emporte doucement dans cet univers, et mine de rien, nous y fait rester.
Ma scène préférée, la plus belle du film à mon sens, sera la soirée d'été, où Amédé ramène aux cabanes du marais son phonographe, afin de faire écouter à tout le monde des disques de Louis Armstrong. On sentirait presque la douceur des soirs de Juin, le "mood" du jazz, et les bruits de la vie du marais. Ca me donne des idées pour tout dire, si jamais, cet été...

Je ne rajouterai pas grand chose. L'essentiel est dit. Si, peut-être, reparler de la belle distribution. De grands acteurs, tous fort bien servis par le réalisateur. Et une petite Cri-cri absolument adorable.
Il y aurait sans doute moult choses à commenter, sur le scénario, sur le script... Mais retenez surtout cette douceur d'un soir de juin au bord du marais, tandis qu'une belle musique vous enivre, vous et vos amis.
Par yaneck Chareyre
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Samedi 31 janvier 2009



Titre: Le bal des actrices
Réalisatrice: Maïwenn
Acteurs: Jeanne Balibar, Romane Bohringer, Julie Depardieu, Mélanie Doutey, Marina Foïs, Estelle Lefébure, Maïwenn, Linh Dan Pham, Charlotte Rampling, Muriel Robin, Karole Rocher, Karin Viard, Joey Starr, Nicolas Briançon, Yvan Attal...
Scénariste: Maïwenn
Producteurs: François Kraus, Denis Pineau-Valencienne


Pour tout dire, si j'ai été convaincu d'aller voir ce film, c'est grâce aux commentaires faits par Eric Naulleau sur le plateau de Laurent Ruquier la semaine dernière. Dythirambique, il m'avait vraiment séduit, et je suis allé voir ce film assez convaincu. Le générique est arrivé, et à partir de là, mon sentiment a totalement changé. Une phrase, dans ce générique haut en couleur (et en kitsch?) m'a interpellé. Une phrase somme toute banale, "l'un n'empêche pas l'autre". Pour moi, cette phrase me rappelle une chanson du film Magique, que je vous ai chroniqué il y a quelques temps de cela. Lui aussi proposait d'intégrer des scènes de "comédie musicale" dans l'histoire. Mais contrairement au bal des actrices, l'environnement poétique, la douceur, autorisait un tel ajout dans le film. Dans le cas présent, c'est absolument pas crédible, dès la première minute, et à chaque scène proposée. Ca tombe comme un cheveux sur la soupe, sans raison apparente, mis à part une vague explication que le personnage de Maïwenn voudrait faire chanter les personnages-actrices qu'elle filme. Et pourtant, je suis un homme franchement ouvert aux comédies musicales en tout genre, ce n'est pas un problème pour moi. Ca n'a juste pas de sens. Si, cela se veut sans doute une illustration de l'image présenté par la réalisatrice sur le rôle qu'elle met en scène, mais en toute sincérité, cela n'apporte rien, et aurait tout aussi bien pu se résoudre en quelques répliques bien amenées.

Maïwenn veut apparemment nous décrire les travers des actrices, en filmant des actrices qui jouent leur propre rôle ou des versions légèrement écrites. Cette idée est intéressante, elle m'intéressait en tous cas, mais Maïwenn ne parvient jamais à me faire sentir concerné par le sort des personnages. Certes, les rôles sont souvent à contre-emploi, mais elle ne parvient pas à me toucher.
La raison majeure à cela, pour moi, c'est que Maïwenn a voulu en faire trop. Elle a voulu avoir trop d'actrices différentes, trop d'histoires différentes, et en fait, cela ne donne aucune histoire réellement forte. On a le sentiment d'histoires baclées, posées là pour avoir une actrice de plus, comme une collection que l'on filmerait. C'est tout à fait criant pour le rôle de Muriel Robin. Vite traité, amené grossièrement, cette histoire tombe comme un cheveux sur la soupe. Alors oui, on reste sur la "vie quotidienne" des actrices, et sur la critique d'une certaine tendance à poser des étiquettes inamovibles, mais la scène sonne creux. Le rôle de Mélanie Doutey est guère plus intéressant, jouant avec le trip des actrices (hollywoodiennes) pour les périodes de ressourcement, et l'adoption des petits pauvres de la planète. Mais encore une fois, on s'en moque. Autre ligne scénaristique, la sois-disant passion du personnage de Maïwenn pour celui d'Estelle Lefébure. En deux rencontres, le personnage de Maïwenn tombe amoureuse, se retrouve subjuguée, alors que ce que la réalisatrice nous a montré, c'est une Estelle Lefébure sans aucun intérêt. La "passion" en devient incompréhensible. Alors certes, cela permet d'exciter un peu les hommes, entre une scène de baiser langoureux, et une scène de ballet où les deux femmes sont nues dans une piscine, mais au delà...
Et d'ailleurs, à la fin du film, Maïwenn met en scène la projection du "film dans le film" devant les personnages actrices. Une séance de visionnage catastrophique pour le personnage-réalisateur, dans laquelle elle se fait littéralement lapider par les personnages. Toutes l'accusent (Maïwenn) de se servir des grands noms du cinéma pour ne braquer la caméra que sur elle. Et je suis tout à fait d'accord. Or, si Maïwenn savait à l'avance ce qu'on allait dire de son film, à quoi bon perdre son temps, son argent, et celui des spectateurs?

Là, vous vous dites que je suis fort sévère, et qu'il y a bien quelque chose à récupérer dans ce film.
Oui, vous avez raison, et je vais en terminer par là.
Joey Starr joue le mari de Maïwenn, et il le joue avec brio. Il crève l'écran, nous livrant une version idéale de Joey Starr, celui que l'on aimerait tous qu'il soit. Qu'il ne soit pas qu'une grosse brute sans cervelle, qui bat les femmes et se prend pour un homme. Un personnage attachant, complexe, plein d'humour. C'est LA réussite du film. Un peu dommage pour un film qui s'intéresse à des femmes actrices, que ce soit un homme chanteur qui en soit le seul point positif, non?
Par yaneck Chareyre
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Vendredi 24 octobre 2008



Titre : Magique

Réalisateur : Philipe Muyl

Acteurs : Marie Gillain, Cali, Antoine Duléry, Louis Dussol...

Scénariste : Philipe Muyl

Producteurs : Nathalie Gastaldo, Philipe Godeau, André Rouleau, Maxime Rémillard



Voilà un film qui porte bien son nom. C'est un univers poétique, magique, hors du temps, qui nous est proposé. Composé de douceur, de tendresse, de mélancolie, il nous donne envie de nous blottir sous une couette et de nous laisser aller à la rêverie.

L'histoire se passe au Québec, dans une région plutôt éloignée de la ville. Betty est mère célibataire, et apicultrice. Son fils sent bien que quelque chose ne va pas chez elle, alors lorsqu'un cirque passe en ville, et qu'il se fait refouler de la place du village Tommy leur propose de venir s'installer sur les grands terrains de sa mère. Son idée est simple, faire que le cirque chasse sa mélancolie.


Il est paradoxalement assez difficile de parler de ce film, dont je suis ressorti avec des émotions, des sentiments, mais avec assez peu d'idées construites. J'apprécie la poésie de cet univers, que ce soit le cirque Magique, ou l'arbre aux lucioles, la douceur, de la relation entre Baptiste et Betty, les chansons, qui posent joliment tout un tas de questions.

Marie Gillain y est superbe, et Cali tout à fait à sa place.


En fait, ce film est tellement porté vers l'imaginaire, que l'on se prend à imaginer d'autres scénarios possibles. Comme par exemple si le personnage de Cali avait eu un rôle plus de catalyseur, poussant Betty à trouver l'amour, et à prendre confiance en elle. Une version moins téléphonée que le classique « elle est triste, elle ne demande qu'à aimer, il est beau et romantique, ils vont s'aimer ». J'ai aussi pensé à ce que Baptiste, à la fin, se déguise en cosmonaute pour satisfaire les désirs de Tommy (j'ai pris ça dans un vieil épisode de Spider-Man, mais ça le fait). Plein de possibilités, mais un film assez unique.


Je ne veux pas trop en dire. Si les quelques mots écrits au dessus vous parlent, laissez vous aller dans cette séance de douceur, de poésie, qui vous ravira le cœur.




Par yaneck Chareyre
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Samedi 18 octobre 2008



Titre : Coluche, c'est l'histoire d'un mec

Réalisateur : Antoine de Caunes

Acteurs : François-Xavier de Maison, Léa Drucker, Olivier Gourmet, Laurent Bateau, Jean-Pierre Martins, Alexandre Astier, Denis Podalydes...

Scénaristes : Antoine de Caunes, Diastème

Producteurs : Thomas Anargyros, Edouard de Vesinne

D'après l'œuvre de Philippe Boggio et Jean-Michel Vaguelsy





Pas facile à aborder, la critique de ce film. Un excellent film, sans nul doute, mais qui laisse un tel sentiment de tristesse, qu'on a du mal à s'emporter pour lui ensuite. Car ce film n'est pas une comédie, il ne faut pas s'y tromper. Coluche est drôle, il a le sens de la répartie, mais Michel Colucci n'est pas un mec bien dans sa peau. Ceux qui ont connu Coluche de son vivant ne seront pas surpris, mais ceux qui ne le connaissent que des sketchs muti-rediffusés et par les restos du cœur vont subir un choc.

Coluche, c'est l'histoire d'un mec mal dans sa peau, avec un besoin énorme d'être aimé, d'être entouré, et d'être le centre des attentions. C'est une véritable cour que nourrit Coluche autour de lui. A se demander s'il connaît tous les gens autour de lui, ce qui n'est pas certain du tout.


Le film s'attache à la candidature de Coluche à la Présidentielle de 1981. Rien sur ses débuts, rien non plus sur sa fin. C'est le parti pris d'Antoine de Caunes, notamment pour montrer en quoi l'homme qu'est Coluche dans cette période explique ce qu'il va devenir par la suite.

Cette candidature est en fait une gigantesque blague pour faire parler de lui. Son impresario, ses amis proches, ont concocté l'idée, et Coluche, après un instant d'hésitation, marche. C'est le fameux appel aux « crasseux », aux « drogués », aux « piétons, bref, à tous ceux qui ne pensent pas compter pour les hommes politiques. Un sentiment qui n'a malheureusement rien d'innovant à notre époque. Il sera soutenu dans le délire par l'équipe du journal Hara-Kiri, qui trouvera tout à fait à son goût cette immonde provocation au monde politique. Mais cette fumisterie va prendre de l'ampleur. Rapidement, Coluche est crédité de 10% d'intentions de vote. C'est beaucoup trop pour un mec qui n'a rien à faire dans cette chose sérieuse. Il gêne tout le monde. Giscard et les siens, qu'il se paye régulièrement, mais aussi les socialistes, qui craignent pour leur candidat, François Mitterrand. Dans cette histoire, Coluche ne va prendre que des coups. Il va y laisser sa femme, une partie de sa santé, et ses illusions sur la France, qu'il conservait tout de même bien cachées. Menaces de mort, censure totale, le bouffon ne fait plus rire, et la blague ne le fait plus rire du tout. Mais il est un coup qu'il a pris, et qui l'empêche de s'arrêter pour révéler le canular. Il découvre que des gens se retrouvent réellement dans son appel. Que leur désespoir est tel qu'ils misent tout sur lui. Sur une imposture, et Coluche le sait. Cruel dilemme. Sous la pression, il va finir par céder, et disparaîtra de la circulation pendant quelques mois, avant de revenir sur le devant de la scène le 10 mai au soir, au QG de François Mitterrand, qu'il avait fini par soutenir.


Une histoire dure, parce que montrant bien le désarroi d'une certaine frange de la population de l'époque, et la violence anti-démocratique dont aura fait preuve le pouvoir en place. Outre la censure, il faut bien dire que de nombreux maires ont reçu des pressions venues du haut de l'Etat, pour qu'ils ne donnent pas leurs signatures à l'humoriste. Le film montre tout cela, et ce n'est pas flatteur pour les hommes en place.


Coluche va rester forgé par cette expérience. C'est la prise de conscience qui lui est arrivée à cette période, qui va l'amener à décider de relever ses manches et user de sa popularité pour donner à manger à ceux qui ont faim et que l'Etat oublie. Coluche ne sera plus politicien, mais restera à jamais un homme politique.


Par yaneck Chareyre
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Dimanche 12 octobre 2008




Réalisateur : Laurent Cantet

Acteurs : François Bégaudeau….. (la liste est très longue, voir ICI)

Scénariste : Laurent Cantet, François Bégaudeau, Robin Campillo

Producteurs : Caroline Benjo, Carole Scotta, Barbara Letellier, Simon Arnal- Szlovak

D’après le roman de François Bégaudeau

 

 

 

Etant donné le sujet, étant donné que ce film a obtenu la palme d’or à Cannes, je devais aller voir Entre les murs (surtout pour le thème en fait). Petit rappel, c’est un reportage-romancé, un docu-fiction, bref, un film avec un goût de reportage, sur une classe de 4e dans un collège du XXème arrondissement de Paris. Gros plan sur la vie de cette classe, ses rapports avec leur prof principal, et le reste du collège. Sean Penn et son jury ont décidé d’attribuer à ce film la palme d’or du dernier festival de Cannes.

 

De gros enjeux, en fait, autour de ce film. Partisans et détracteurs de l’Ecole se retrouvent et critiquent à tout va. Pour ma part, je suis en désaccord avec les critiques qui disent que l’on a une version idéale de l’école, et que le personnage du prof de français, François (joué par l’auteur du roman originel) est un personnage valorisé.

C’est une version réelle de l’Ecole, du Collège surtout, au cœur de laquelle on a un cœur plus tendre, plus idéal, par la personne de François. Et encore, ceci est largement sujet à discussion. Tout du moins le personnage de François a-t-il une vision idéalisée de son travail.

 

A vrai dire, je pense même que ce personnage est le plus mauvais de ceux présentés. Certes, il met en place des choses, pour essayer de garder le dialogue avec ses jeunes élèves plutôt difficiles, mais il commet un nombre d’erreurs hallucinant. Pour résumer, je dirai simplement qu’il a des exigences envers les enfants, qu’il ne respecte pas lui-même. Et pour bosser avec les modèles miniatures de ces élèves, c’est extrêmement important d’être cohérent avec ses propos. Si l’on demande le respect, on doit donner du respect. Dans le cas contraire, et c’est le cas dans le film, cela se paye généralement cash, et de manière peu agréable.

Donc vraiment, le personnage principal n’est pas un rôle facile. Malgré sa bonne volonté, il est souvent en retard sur ce que les autres comprennent, voir ne comprend même pas ce qu’on lui dit. A ce titre, la dernier tête à tête est éclairant. Une élève vient lui dire qu’elle n’a rien appris cette année, et au lieu de comprendre qu’elle veut lui dire quelque chose, lui semble très pressé de terminer cette année supplémentaire (c’est la fin du dernier cours).

Je verrai plus ce portrait comme celui à ne pas reproduire en l’état. Un moyen de réfléchir aux erreurs à ne pas commettre, sans avoir à en payer soi-même les pots cassés.

 

Je terminerai sur une note plus personnelle. J’ai travaillé deux ans dans un collège, comme surveillant. Et j’ai vraiment retrouvé les ambiances de cette époque. Les casiers des profs, et les maquettes d’emplois du temps sont les mêmes, imaginez. C’est vous dire si le cadre a été scrupuleusement travaillé. J’avais pris beaucoup de plaisir à travailler au contact de la communauté enseignante, j’y avais trouvé un univers accueillant, propice à la réflexion sur l’enfant, et je regrette un peu cet emploi là. A moi de faire mieux par la suite.

 

Sinon, je dois dire que même si c’est un film intéressant et riche, la question se pose de savoir s’il mérite une palme d’or. Excessif ?

Par yaneck Chareyre
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Dimanche 5 octobre 2008



Titre : Cliente

Réalisatrice : Josiane Balasko

Acteurs : Nathalie Baye, Isabelle Carré, Eric Caravaca, Josiane Balasko, Catherine Hiegel, Marilou Berry…

Scénariste : Josiane Balasko

Producteur : Cyril Colbeau- Justin, Jean-Baptiste Dupont

D’après le roman de Josiane Balasko

 

 

 

Il flottait autour de ce film, et autour du livre dont il est issu, une odeur de souffre assez prononcé. Je dois dire que j’ai été déçu de ce point de vue là. Ce film aborde certes un sujet un peu tabou, la prostitution masculine à destination d’un public féminin, mais il se termine de manière relativement conventionnelle, et je n’arrive pas à déterminer quelle était la volonté de Josiane Balasko dans la conclusion de ce film. Ca me donne surtout envie de lire le livre.

 

 

Donc, le personnage principal, Marco, est un prostitué, un escort-boy pour être exact. Un gigolo pour reprendre le terme plus ancien. Pour permettre à sa femme de payer les traites de son salon de coiffure, il a fini par accepter de se faire payer pour accompagner ou coucher avec des femmes. L’une de ses clientes est le personnage de Nathalie Baye. Sauf que problème, la femme de Marco fini par apprendre son activité professionnelle, et tout éclate dans le couple.

A vrai dire, ce couple n’est pas attirant. Josiane Balasko semble tout faire pour que nous ne nous y attachions pas. Fanny, la mariée, pompe tout l’argent gagné par Marco, sans se poser trop de questions, pour faire tourner son salon, tous les deux, ils vivent chez la mère de Fanny, et Marco doit entretenir largement la petite famille. Ne parlons pas de la sœur gothique de dix-huit ans, superbement jouée par Marilou Berry, qui prend la tête à tout le monde. A aucun moment, on ne sent Marco heureux dans ce cadre.

Par contre, Judith, elle, c’est autre chose. Divorcée, elle a perdu tout espoir quant à trouver un homme honnête et fiable. Elle paye pour s’amuser, maintenant, pour avoir du plaisir et jamais d’emmerdes. Elle ne va pas bien, c’est certain, cachée derrière son argent. Sa sœur aînée, elle, fini par le trouver ce grand amour qu’elle attendait depuis si longtemps, démontrant à sa sœur que c’est possible. Et au fur et à mesure que Judith couche avec Marco, on sent le personnage évoluer, prendre réellement du plaisir. On sent naître en elle des sentiments qu’elle s’interdisait jusque là. Même si elle ne le dit pas, elle tombe amoureuse. A un moment, Marco la rejoint, après avoir quitté sa femme. On se dit qu’ils vont être heureux, que tout va aller bien pour eux.

 

Et c’est en cela que je pense que le film n’est pas si sulfureux. Alors que Josiane Balasko nous a présenté un couple dans lequel Marco ne s’épanouit pas. Alors qu’elle nous a montré une relation enrichissante et apaisante pour lui, avec Judith, il retourne avec sa femme, et Judith reste seule. La morale est sauve. Le couple jeune/ vieille ne fonctionne pas, et le mari retourne auprès de sa jeune épouse.

Je dois reconnaître que je ne suis pas du tout objectif sur cette question. Mon épouse est âgée de dix-huit ans de plus que moi. Ainsi donc, la relation Marco/ Judith nous parle, même si pour ma part, je n’ai jamais fait gigolo, et que mon épouse n’en a jamais fréquenté non plus.

Mais donc, pour moi, Marco choisi une relation frustrante, dans laquelle il ne s’épanouit pas, mais qui a le mérite de respecter les conventions sociales, au lieu de choisir une relation de qualité un temps soit peu hors norme.

Je ne sais pas quel est le propos de Josiane Balasko dans la conclusion de ce film. Tout semble être fait pour que l’on compatisse avec Judith, pour que l’on apprécie ce personnage. Et pourtant, elle est la grande perdante de l’histoire, et c’est sur son sort que se pose la conclusion du film. Est-ce volontairement un film triste, une dénonciation du fait qu’un homme peut vivre avec une femme jeune, et pas l’inverse ? Je ne sais pas. Peut-être la réponse se trouve-t-elle dans le livre ?

 

 

PS : ca ne rentre pas dans le cadre de cette chronique, mais coup de chapeau à Balasko pour ses dialogues finement ciselées. Il y a des répliques absolument mémorables dans ce film.

Par yaneck Chareyre
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