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Film policier

Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /2008 08:00



Titre:
Casino Royale
Réalisateur: Martin Campbell
Acteurs: Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench, Jeffrey Wright, Giancarlo Gianini...
Scénaristes: Neal Purvis, Robert Wade, Paul Haggis
Producteurs: Barbara Broccoli, Michael G. Wilson



Puisque Quantum of Solace vient de sortir, et que je n'avais pas pris le temps de regarder le premier film du "relaunch" de la franchise James Bond, je me suis dit que c'était le moment de pallier à cela. Je ne sais pas encore si j'irai voir le second volet au cinéma, si j'en aurai le temps, mais en tous cas, je ne regrette pas mon visionnage.
Entendons nous bien. Les James Bond, ça a un cahier des charges communs. James frime, s'en prend plein la poire, revient au top en une fraction de seconde, et use de gadgets sophistiqués. Casino Royale rempli bien ce cahier des charges, tout y est. Alors certes, James Bond, c'est plein de virilité, mais on ne s'ennuit pas, il faut le reconnaître (enfin, quand on est un homme, parce que pour les femmes, c'est moins sûr).
La véritable valeur ajoutée de ce film, c'est assurément Daniel Craig. Très différent de ses prédécesseurs, il est pourtant tout à fait à sa place. Son regard bleu acier fait tout autant fondre les femmes, et trembler de peur les méchants. J'aime beaucoup son jeu et le style qu'il donne à James Bond. Il n'est ni un nouveau Sean Connery, ni un nouveau Roger Moore. Il est lui-même, et c'est très bien comme cela.
L'histoire est à la hauteur, pleine de suspens, de rebondissements, jusqu'à la toute fin. Lorsque vous pensez avoir vu passé un ennemi, un autre survient, et ce à plusieurs reprises. Ce James Bond, peu expérimenté, dans ses premières missions comme agent 00 (avec le permis de tuer), est tout en nuances. A la fois arrogant et sûr de lui, et tellement marqué par la vengeance. Tout le personnage semble aller dans ce sens.


J'ai pris un certain plaisir donc, à regarder ce film. Ce n'est pas ma tasse de thé, et je ne deviendrai pas un fan de la saga James Bond. Mais une fois de temps en temps, je ne dis pas non.
Par yaneck Chareyre - Publié dans : Film policier - Communauté : Ciné DVD
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /2008 23:51

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Titre : Cortex

Réalisateur : Nicolas Boukhrief

Acteurs : André Dussolier, Marthe Keller, Julien Boisselier...

Scénariste : Nicolas Boukhrief/ Frédéric Moreau

Producteur : Sylvie Pialat

 Genre: Policier /Thriller

Cortex est un film rare.

Rare, parce qu’il traite largement d’une maladie qui frappe durement en France, et dans les pays occidentaux, mais dont on parle très peu d’habitude (Sarkozy a lancé un plan sur le thème, donc, de petites idées, pas de moyens, et beaucoup de com), la maladie d’Alzheimer. Pour ma part, j’ai la chance d’y être sensibilisé, puisque ma compagne est elle-même infirmière spécialisée sur la question, formatrice d’équipes soignantes, et a dirigé une maison de retraite qui n’accueillait que des Alzheimer. Autrement dit, oui, c’est elle qui a demandé à voir ce film. Je n’ai pas eu grand mal à accepter, d’autant qu’avec ce formidable acteur qu’est Dussolier, je pouvais difficilement être déçu.

 

Et en effet, je n’ai pas été déçu du tout. Tout l’intérêt de ce film, c’est de vous mettre dans la peau du malade d’Alzheimer, le personnage de Dussolier donc, pour que vous en ressentiez bien les effets. Et force est de constater que pendant tout le film, on se sent désorienté. Et un alzheimer est bien désorienté. Le réalisateur utilise différents moyens pour ce faire.

Dans le film, on perd la notion du temps. Je suis bien incapable de dire sur combien de jours s’étale l’intrigue. Dès le moment où Charles Boyer rentre dans la clinique, on perd tout repère. Il n’y en a qu’un seul, donné en début de film. Le repas de midi est pris dans la salle de restaurant. Mais croyez moi, quand on est dans le film, on ne s’en souvient plus, et on est perdu temporellement.

On l’est tout autant du point de vu de l’espace. On ne sait pas où se trouve la clinique, et à l’intérieur de l’institut, c’est encore pire. Ma compagne me demandait si j’arrivais à établir un plan des lieux, et en fait, je n’y suis pas parvenu. Il y a des endroits qui font référence, la chambre, le couloir, le restaurant, mais aucun lien entre toutes ces pièces. Même les extérieurs ne sont pas joignables entre eux. Parfois même, on se demande dans le couloir des chambres, laquelle appartient au personnage de Dussolier.

Il y a des détails, aussi, qui désorientent. Un plan de Paris qu’on n’arrive pas à lire, des numéros de métros sans noms de ligne. Mais le plus déroutant, c’est lorsque le réalisateur joue avec les veilleuses des chambres de la résidence. Chaque chambre a la sienne, mais à une ou deux reprises, de nuit, les lampes ne sont plus à la même place. On ne reconnaît pas l’intérieur d’une chambre pourtant meublée comme une cellule de moine de l’abbaye de Cluny. (Sobre mais pas trop)

 

André Dussolier joue à merveille, dans tout son être, un désorienté, nous sommes désorientés, et donc plus à même de comprendre la réalité de cette maladie. Un tel vécu, une telle ambition, aurait pu suffire à faire un film en lui-même. Mais s’y rajoute une enquête policière, parce que le personnage Charles Boyer est un flic à la retraite, et un Alzheimer a tendance à conserver certaines habitudes, à mesures qu’il oublie.

Mais Boyer est malade, et pour beaucoup, il est fou. Lorsqu’il pense détenir les preuves, qu’il s’en confie à son fils, il n’est pas cru. Sa parole n’a pas de valeur. Il est fou. Mais non, il ne l’est pas. Et ce film a le mérite de poser une question grave : sait-on écouter les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ? Sait-on les considérer avec justesse, comme désorientée mais pas idiotes ou folles ? C’est un des points clé du film. Cette injustice, que le personnage subit, d’autres malades doivent la vivre eux aussi. Pas sur des questions aussi importantes et graves, mais le problème reste tout de même posé.

 

Et pendant longtemps, on pense qu’il est paranoïaque. Qu’il invente, qu’il délire. Il faut bien dire que chaque indice qu’il découvre, trouve une réponse plus cohérente que celle du meurtre. Il semble perdre les pédales, on le voit, on le sent… Tout cela est dans son esprit. Et en fait non. Les indices en sont bien. Pourtant, imaginez : le personnage parvient à trouver l’identité du coupable. Pour s’en souvenir, il se note un indice sur son cahier, qui est sa mémoire à lui. Il en arrache les pages pour les mettre à l’abri, sous son oreiller. Alors quand plus tard, il retrouve son cahier dans un placard des infirmières avec des pages manquantes, il pense que le tueur l’a empêché de trouver la solution. Il ne se souvient plus qu’il est celui qui les a arraché. Alors oui, on pense à de la paranoïa. Pour tout dire, j’ai même eu envie pendant longtemps qu’il n’y ait pas de tueur. Que ce soit seulement de la folie.

Mais les alzheimers ne sont pas fou, m’a dit après ma compagne. Ils construisent leur réalité à partir d’éléments réels. Il n’est pas fou, il ne peut adopter de tel comportement.

 

 

Tout le travail de réflexion, de mémoire, que j’ai réalisé à la sortie de la séance m’échappe déjà. Il manque sûrement des choses à cet article. Traîtresse mémoire, ou réalisateur efficace à désorienter son spectateur ?

Par yaneck Chareyre - Publié dans : Film policier - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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