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Quentin Tarantino

Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /2009 16:29


Titre: Pulp Fiction
Réalisateur: Quentin Tarantino
Acteurs: Samuel L. Jackson, John Travolta, Uma Thurman, Bruce Willis, Harvey Keitel, Ving Rhames,
Scénaristes: Quentin Tarentino, Roger Avary
Producteur: Lawrence Bender


Je continue ma découverte de l'univers Tarantino. Avant de regarder la suite de Kill Bill, je me suis plutôt décidé à regarder un des films précédents, aux images et aux scènes tellement cultes, Pulp Fiction.
Mais ce coup-ci, autant le dire tout de suite, j'ai été plutôt déçu. On retrouve bel et bien le sale gosse qu'est Tarantino, mais il me semble que les années lui auront permis d'affiner ce style, un peu lourd dans le cas présent.

Pulp Fiction, c'est l'histoire de deux truands, Julius et Vincent, au service d'un très gros caïd de Los Angeles... Non, c'est l'histoire d'un boxeur qui tente de gruger le dit Caïd... Non, c'est l'histoire du Caïd en question, Marcellus... En fait, c'est tout cela, Pulp Fiction. Des truands, des criminels, des caïds. Bon, je vous l'accorde, ce n'est pas le meilleur résumé qu'on puisse faire, mais en fait, au vu du film, je n'arrive pas à faire mieux.
Quentin Tarantino s'amuse déjà avec ce film. Il déstructure sa narration, en proposant des chapitres en ordre dispersés, avec des flash-back en milieu d'histoires, et une introduction qui semble déconnectée du film mais qui ne l'est pas tant.
D'une certaine façon, Tarantino est un étudiant en cinéma qui prend un soin tout particulier à travailler ses introduction de film. Pulp Fiction n'échappe pas à ce constat. Mais comme c'est aussi et surtout un sale gosse, il construit son intro de telle sorte qu'on la pense déconnectée de l'histoire, pour mieux nous montrer par la suite qu'on s'était bien planté sur ses intentions. Je l'imagine rigolant comme un fou de sa "blague". Introduction qui, donc, satisfait à une autre caractéristique du réalisateur, grand adepte des scènes à priori inutiles, ou franchement décalée. La discussion entre Vincent et Julius sur le nom des hamburgers mcdo en France, juste avant qu'ils aillent faire la peau à des petits truands, en est un bon exemple. Mais dans ce film là, je trouve que Tarantino en use et abuse bien trop. Au bout d'un moment, ce décalage n'est plus drôle, il est pesant. Certes, il prend le temps de poser ses scènes, mais à un moment donné, l'attente ne fait plus naître de la tension, juste de l'insatisfaction. Et là, je parle de la scène (longue, trop longue) avec Bruce Willis, dans le môtel. A ce moment là, on imagine, ou en tout cas, j'ai imaginé, que Julius et Vincent allaient arriver pour faire la peau au boxeur. Etant donné que le réalisateur nous montrait une scène d'une banalité affligeante, de douche et de bécotage entre amoureux, il me semblait que c'était pour mieux trancher subitement. Et en fait non. L'action principale ne viendra que bien après, et paraitra encore plus incongrue. Tarantino avait-il besoin de traîner ainsi en longueur, je ne sais pas. Est-ce volontaire de sa part, de créer cette situation dérangeante pour le spectateur, je ne sais pas, mais en tous cas, je n'ai pas apprecié.
Mais bon, c'est sur chaque chapitre que l'on est pris à contre-pied, et que Tarantino nous montre qu'il avait prévu tout à fait autre chose que ce que l'on s'était imaginé.

Pour terminer, je voudrai mettre en avant une interrogation qui m'est venue en regardant le film. Quentin Tarantino avait-il déjà en tête Kill Bill tandis qu'il tournait Pulp Fiction? Quelques éléments me mette le doute.
Le personnage d'Uma Thurman, Miya, est une actrice ratée. Mais elle a tourné le pilote d'une série, au concept intrigant. Six femmes agent secrètes, fonctionnant en équipe, avec une japonaise (O-Ren?), une black (Verdita Green?), une française (Sophie Fatale?), une blonde (Elle Driver?) et le perso de Miya.... Je trouve étonnant d'y retrouver à peu près le casting du Détachement des Vipères Assassines.
Et puis voilà que Julius, le personnage de Samuel L. Jackson, se met à parler de la série Kung-fu, série avec pour acteur principal David Carradine, alias... Bill dans Kill Bill...
Alors, coïncidences ou pas?
Par yaneck Chareyre - Publié dans : Quentin Tarantino - Communauté : Ciné DVD
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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /2009 22:57



Titre: Kill Bill Vol.1
Réalisateur: Quentin Tarantino
Acteurs: Uma Thurman, Lucy Liu, David Carradine, Michael Madsen, Daryl Hannah, Sonny Chiba, Julie Dreyfus, Chiaki Kuriyama...
Scénariste: Quentin Tarantino, Uma Thurman
Producteur: Lawrence Bender


A la suite d'Inglorious Basterds, j'ai eu envie de me replonger dans la filmographie de Quentin Tarantino, et de commencer par Kill Bill, le premier film que j'ai vu de lui (oui, je m'y suis mis tard).
Et Tarantino y montre une fois de plus qu'il aime se faire plaisir, et que c'est pour cela qu'il fait du cinéma. Le plus flagrant, c'est pour les musiques. Placer une musique de western sur un duel au sabre made in Japan, c'est purement de l'effet de style. C'est déroutant, c'est inhabituel, mais c'est Tarantino. Mais pas seulement. Ce film est un bel hommage aux films de sabre, et à l'esprit du cinéma Hong-kongais. Et la scène de combat entre La mariée et les 88 est en ce sens déjà devenue culte. (notons au passage que dans ses hommages, Tarantino ne se prive pas pour ajouter ses propres effets de style. Encore et toujours, sa patte est visible) Mais il rend aussi hommage au manga, et à l'animation japonaise plus précisément. La jeune d'O-Ren Ishii est tout à fait géniale. Une pure boucherie, bien gore à souhait, qui aurait été insoutenable si elle avait été filmée. Mais en introduisant ce passage d'animation, Tarantino parvient à créer une distance par rapport à la scène et donc à la rendre plus supportable. Une idée de génie.

L'histoire, tout de même. La mariée, semble avoir été membre d'une équipe de tueuses, sous les ordres d'un grand chef, Bill. Sans que l'on ne sache bien pourquoi, l'équipe s'est invitée à la noce, et a tué tout le monde présent. Seule la mariée, présumée morte, est restée en vie. Lorsqu'elle sort de son coma quatre ans plus tard, elle décide de mettre en place sa vengeance.
Dit de cette façon, c'est assez simple, mais Tarantino s'amuse particulièrement à nous proposer des flash-backs, au milieu de scènes actuelles, suivies de flash-backs plus anciens. Il faut suivre un peu.

Pas facile de tout dire sur un film tel que celui-ci. Tarantino s'amuse vraiment. Il ose, il tente des effets de style à tout moments.  Il ne laisse rien au hasard, et d'une certaine façon, ce doit être un des réalisateurs qui a le plus de créativité en ce moment.
Première étape franchie, reste à attendre le volume 2 pour voir où il compte nous ammener.
Par yaneck Chareyre - Publié dans : Quentin Tarantino - Communauté : Ciné DVD
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /2009 18:35


Titre: Inglorious Bastards
Réalisateur: Quentin Tarantino
Acteurs: Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Eli Roth, Diane Kruger...
Scénariste: Quentin Tarantino
Producteur: Lawrence Bender


Quentin Tarantino est un sale gosse. Le genre qui fait du cinéma avec tout ce qui lui fait plaisir, afin de montrer aux spectateurs que ça lui fait plaisir, et afin de prendre plaisir à voir le plaisir que prennent les spectateurs à voir son plaisir à lui. Un pur sale gosse.
C'était quelque chose de largement visible avec Kill Bill, mais avec ce film là, c'est encore plus frappant. Je soupçonne Tarantino d'avoir un comportement particulier, en séance de travail. Il doit soumettre une idée, et lorsqu'on lui répond fort logiquement "Sérieux? Non, on peut pas faire ça... Sérieux c'est pas possible? Alors faisons le en déconnant." Oui, je sais, c'est un avis très personnel. Mais réaliser un film sur des chasseurs de nazis, et la mort par les flammes de tout le commandement du reich, Hitler inclus, des mains d'un noir et d'une juive, il faut être tordu ou ne pas se prendre au sérieux pour imaginer pouvoir faire un truc comme ça.
Tarantino réécrit l'histoire, disons le tel que. Certains s'en offusquent, trouvant que l'on ne doit pas jouer avec ces choses là. Mais moi, je dis "enfin, merci Tarantino". Car enfin, grâce à lui, le cinéma ose faire quelque chose que la littérature et la bande dessinée faisaient depuis bien longtemps: jouer la carte de l'uchronie. Dans le cinéma, on a d'un côté la réalité et de l'autre la science-fiction ou l'anticipation. Mais globalement, il ne faut pas jouer de manière éhontée avec l'Histoire. On peut y intercaler de petites histoires, on peut décrire comment se sont déroulés les grands évènements, mais en ne doit pas les modifier. Le cinéma, c'est une chose sérieuse, et Tarantino, définitivement, un sale gosse qui envoi bouler cette convention. Donc aucun problème pour lui de tuer Hitler dans un cinéma parisien du moment que ça lui permet de faire un bon film.
Ce que j'aime, chez ce sale gosse de Tarantino, c'est qu'au delà de son pari anti-convention, on retrouve toutes ses audaces habituelles. Il mélange musique classique et musique de Western, crée des découpages visuels pour son histoire, intègre des commentaires décalés, en bref, il s'amuse. C'est sa patte quoi. Il trouble, il décale, il s'amuse.

Et puis Tarantino se fait le champion du Suspens, dans ce film. La première scène est à ce titre exemplaire. Il faut voir la façon dont il fait monter la pression, dans un simple discours des plus policés entre deux hommes. Et monsieur est tellement un sale gosse, qu'il se permet même de placer des images à priori vide d'intérêt, juste pour laisser augmenter le suspens, pour que nous nous demandions si les plans vont se réaliser.

Par dessus tout cela, se rajoute le casting. Tout à fait excellent. Cocorico, Mélanie Laurent y tient une bonne place, et pour une fois, pas pour donner une image lâche et nulle des français. Elle se débrouille fort bien. Brad Pitt est génial dans le rôle de son Lieutenant sudiste blasé et violent. Mais surtout, c'est à Christophe Waltz qu'il faut rendre hommage. Son césar, à Cannes, n'est absolument pas volé. Il campe un nazi absolument bluffant. Un pur salopard, mais avec d'excellentes manières. La première scène dont je vous ai parlé repose largement sur son talent d'interprétation. Seule Diane Kruger se retrouve avec un rôle peu intéressant, ce qui est bien dommage, au vu de sa filmographie.

Il n'y a donc pas grand chose à jeter dans ce film. Bien entendu, on peut éventuellement être hermétique à ce genre d'esprit (Loïc, spéciale dédicace), et dans ce cas, ce film est peu intéressant. Mais si vous aimez vous laisser emporter dans l'esprit barge de Tarantino, ce film est fait pour vous.
Par yaneck Chareyre - Publié dans : Quentin Tarantino - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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