Réponse à un commentaire

Publié le par yaneck Chareyre

J'aime prendre le temps de faire de bonnes réponses, lorsque des commentaires le permettent.
Et généralement, je n'aime pas que cela soit caché au milieu des articles, donc je mets le commentaire et mes réponses en exergue.

ATTENTION, JE REPONDS A UN SECOND COMMENTAIRE, A LA FIN DE CET ARTICLE.

David Martin a dit, à propos de V Pour Vendetta:

Hum, je ne suis pas aussi optimiste que vous. Je trouve que les Wachowski ont surtout produit un film qui ne prend pas vraiment ses responsabilités. Car dire que l'on peut utiliser le terrorisme pour recouvrer la liberté est facile quand on vit dans un pays libre. Quand au parallèle avec Guantanamo, il est également très clichesque. Malgré tout ce qu'on peut lui reprocher, mieux vaut être emprisonné dans cette prison que chez les islamistes à Falloudjah. Or , les vrais résistants n'ont jamais eu à utiliser de telles méthodes. Si Hugo Weaving est excellent, Portman est un peu "juste" dans le registre. Reste un bon film d'anticipation, servi par de bons effets visuels et qui a le mérite de faire réfléchir.

 

 

 

Je vais tâcher de répondre en plusieurs fois, pour ne rien oublier.

Utiliser le terrorisme pour se libérer dans un pays libre, c'est un peu étrange comme concept. On ne peut se libérer que si on est enchaîné. Et pour moi, oui, le terrorisme est utilisable pour gagner sa liberté.

Terrorisme est un mots problématique. Pour les nazis, les FTP, les gaullistes, étaient des terroristes. Pour l'histoire, faite par les vainqueurs, ce sont des résistants. Et les réisstants français ont tué, ont abbatu des gens, et pas que des purs coupables. V est un résistant. Parce qu'il résiste réellement à une oppression véritable, pour libérer son pays. Mais du point de vue du Grand Chancelier, c'est évidemment un terroriste.

Pour Guantanamo, je commencerai par un méa culpa. C'est Abou Graib que j'aurai du citer. Guantanamo est relativement propre, dans les images de propagande qui sont données à la presse. Abou Graib ne l'était pas du tout. Et les américains ne peuvent plus le cacher.
Par contre, ce que je n'aime pas dans votre propos, c’est quu’on y lit, qu’au prétexte que les islamistes sont des méchants sanguinaires, les abus des américains sont pardonnables. Hé bien non. Lorsque l’on se prétend l’Axe du Bien, lorsque l’on se prétend une démocratie, on ne se rabaisse pas aux méthodes employées par les barbares. On ne torture pas. On ne prive pas les gens de leurs droits aux prétextes que ce sont des ennemis. On ne les cache pas à la face du monde. Le comportement américain est une honte. Purement et simplement, il n’y a pas de discussions possibles à ce sujet là.


 


THIERRYM

Je suis plutôt d'accord avec le commentaire et les appréciations mais je pense qu'il convient de préciser (ce qui est absent du commentaire du film) que l'emprisonnement arbitraire d'Evey, sa torture sont imposées par V lui-même. Autrement dit, il utilise exactement les mêmes méthodes que son adversaire, la dictature du pays. C'est sur ce point que réside toute l'ambiguité de l'histoire. Comme tu dis, "terrorisme" est essentiellement une considération historique a posteriori ou contemporaine et politique. Il n'en demeure pas moins que le combattant de la liberté qu'est V utilise les mêmes techniques que son ennemi. Si l'internement est condamnable pour l'un, il l'est pour l'autre ; comme tu dis, en modifiant quelque peu, "lorsqu'on se prétend un défenseur de la démocratie et de la liberté, on ne se rabaisse pas aux méthodes employées par les dictateurs". C'est une belle illustration du fameux "Quand vous regardez l'Abysse, l'Abysse vous regarde aussi" de Nietzsche. Bref, V est loin d'être blanc face au noir de la dictature.

 

 

Je te remercie pour ce commentaire pour ce commentaire, qui me pousse à réfléchir encore plus sur ce film. J’ai relu mes mots, l’article, le commentaire, ma réponse, afin de te répondre ici. Et tu mets en évidence une incohérence dans mon propos. En effet, V applique à Evey les mêmes méthodes que ceux qu’il combat. Ce qui contredit mon appréciation de la politique américaine. Pour les Etats-Unis, je maintiens, voyons pour V maintenant.

 

La première idée qui me vient, c’est celle de « transmission ». D’une certaine façon, V pense que pour qu’Evey puisse penser comme lui, elle doit vivre les mêmes choses que lui. A l’identique. On est dans une situation de maître à disciple, il me semble. Je reproduis envers mon disciple ce qui a fait ce que je suis. Dans son interprétation négative, j’y retrouve les bizutages, qui sont à la fois des moyens de faire partie d’un groupe, mais aussi l’idée que chacun doit vivre les mêmes difficultés que les autres. Et en effet, le but de V est bien de faire entrer Evey dans un groupe, même s’il n’est qu’une bande de résistant à lui tout seul.

Cela donne au final une image bien moins positive que celle du « résistant audacieux et intelligent luttant contre le vil oppresseur ». Un héros plus sale…

 

Et en fait, je remarque que les scènes finales, où les V deviennent nombreux, deviennent la foule, le peuple, sont exemptes de violences physiques.

Car si V est une image, une idée, il n’en est pas moins seul et homme. Un homme seul peut faillir, tomber, il n’est qu’un homme, même s’il se prétend concept. Tandis que dans l’idéal, la démocratie est le système le plus juste, celui où les excès ne peuvent avoir lieu, puisque la majorité tempère les extrêmes. Se qui mettrait en valeur, dans ce film, finalement, le pouvoir du peuple.

 

Bien entendu, cela n’est que théorie, et l’histoire l’a prouvé à maintes reprises.

Mais puisque nous sommes dans un film, qu’est-ce qui empêche l’idéalisme ?

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T
Je suis plutôt d'accord avec le commentaire et les appréciations mais je pense qu'il convient de préciser (ce qui est absent du commentaire du film) que l'emprisonnement arbitraire d'Evey, sa torture sont imposées par V lui-même. Autrement dit, il utilise exactement les mêmes méthodes que son adversaire, la dictature du pays. C'est sur ce point que réside toute l'ambiguité de l'histoire. <br /> Comme tu dis, "terrorisme" est essentiellement une considération historique a posteriori ou contemporaine et politique. Il n'en demeure pas moins que le combattant de la liberté qu'est V utilise les mêmes techniques que son ennemi. Si l'internement est condamnable pour l'un, il l'est pour l'autre ; comme tu dis, en modifiant quelque peu, "lorsqu'on se prétend un défenseur de la démocratie et de la liberté, on ne se rabaisse pas aux méthodes employées par les dictateurs". <br /> C'est une belle illustration du fameux "Quand vous regardez l'Abysse, l'Abysse vous regarde aussi" de Nietzsche. Bref, V est loin d'être blanc face au noir de la dictature.
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Y
<br /> Thierry, je vais te répondre en plaçant dans le corps de ce message, ton commentaire, et mon avis.<br /> <br /> <br />